Chronique Littéraire·Littérature·Littérature Moderne

Le malheur du bas

ATTENTION UNE PARTIE DU CONTENU DE CET ARTICLE PEUT CHOQUER OU HEURTER LA SENSIBILITE DU PUBLIC !

Bonjour,

J’ai fait une entrée en matière peut-être un peu brutale et aggressive. Je suis là pour vous parler d’un sujet tabou dont on parle peu qui est le viol. Il ne faut pas avoir peur de prononcer ce mot, ce n’est qu’une syllabe de 4 lettres et pourtant ce tout petit mot à son importance.

Je suis là pour vous parler de ce sujet à travers un roman qui est sorti lors de la Rentrée Littéraire. Ce roman ce nomme Le malheur du bas de Inès Bayard.

Ce roman au delà d’être un premier roman poignant, magnifique et horrible à la fois, traite du sujet du viol sous la forme d’un prisme. Dans cette histoire on suit une jeune femme qui un soir se fera violé et qui va essayer de se reconstruire seule après ce traumatisme.

Je tiens à le préciser maintenant, ce n’est pas un livre drôle, léger avec un happy end. C’est tous le contraire. C’est livre très dûr à lire, avec un langage cru, une histoire très triste et pourtant c’est un problème sociétal. Pour les âmes sensibles je ne vous le conseille pas, pour les autres je vous recommande de le lire car il doit être lu, c’est une claque que l’on se prend, que je me suis prise.

C’est un livre que j’ai adoré, j’ai retenu mon souffle tous le long, il se lit vite, les phrases sont courtes et percutantes. Ce que j’ai aimé c’est ce qu’il m’a apporté, il m’a fait ouvrir les yeux sur un sujet que je connaissais très mal et dont je ne prenais pas bien en compte l’ampleur des dégâts. Je me suis même « choquée » moi-même à avoir eu une pensée à un certains moments où je me suis dit « oui mais elle surjoue là, elle en fait trop ». Et après avoir pensé cette phrase, je me suis remise en question sur ce que je croyais savoir et ce que je croyais être la suite d’un tel traumatisme. Mes idées et mon jugement étaient totalement erronés, ce fut la première fois que je me suis vraiment retrouvée face à ce sujet, sans pouvoir rien faire d’autre que de lire ligne après ligne la descente aux enfers d’une femme.

Le sentiment d’impuissance est celui qui est resté le plus en moi, ce sentiment de ne pouvoir rien faire, de vouloir de toutes ses forces mais de ne pas pouvoir apaiser la souffrance du personnage. Plus la fin du roman approchait plus je me sentais spectatrice voire même complice de cette atrocité.

Quand je suis arrivée à la fin du roman, j’avais le souffle court, les larmes aux coins des yeux, et comme une soudaine prise de conscience je me suis rendue compte que ce genre d’acte arrivait tous les jours dans le monde entier.

Quelques chiffres :

  • 1 femme sur 6 et 1 homme sur 20 (ne les oublions pas) déclarent avoir subi des viols ou tentative de viols au cours de leur vie
  • Seul 10 % des victimes portent plainte
  • Seul 1 % des viols font l’objet d’une condamnation
  • Pour 4 français-e-s sur 10 la responsabilité du violeur est attenuée si la victime a eu une attitude provocante en public ou si elle a flirté avec lui

(source : simonae.fr)

La majorité des ces points sont explorés dans le roman. Je ne suis pas là pour faire un procés contre l’Etat, ou contre ces hommes qui ont ses idées et qui passent à l’acte. Je vous raconte tous ça parce qu’avant de lire ce livre toutes ces informations avaient un impact minime dans mon esprit et ma conscience. Et ce qui a changé le plus je pense c’est cette petite phrase que je me répetais parfois quand j’avais peur le soir seule dans la rue :  « Ça ne peut pas m’arriver. »

Cette phrase est complètement idiote et insensée à mes yeux aujourd’hui, et je pense que beaucoup (que l’on soit homme ou femme) pensent de façon inconsciente cette même idée. Pour autant et malheureusement, aujourd’hui ça peut nous arriver, et il n’y aura aucune manière de le prévoir et surtout nous ne serons pas en cause.

Et c’est l’un des deux messages que je veux faire passer dans cet article ce n’est pas et ce ne sera jamais la faute de la victime, quelque soit les conditions, le violeur est le coupable que ce soit un inconnu, son compagnon, un membre de sa famille ou de son entourage proche, cet acte commit n’est pas et ne sera jamais normal. Et il faut absolument et je veux vraiment insister sur ce point que si un jour (et Dieu sait que je ne vous le souhaite pas) vous, quelqu’un proche de vous ou une simple connaissance subit une agression sexuelle, il est de votre devoir pas en tant que citoyen mais en tant qu’être humain doté d’une conscience et d’empathie, de lui venir en aide. Comme le montre les chiffres 90 % des personnes ne portent pas plainte, il faut aider ces personnes à sortir du silence pour que leurs bourreaux soient punis et qu’elles puissent se reconstruire.

Il faut que les victimes sortent du silence et acceptent une aide extèrieure pour réussir à ce reconstruire c’est important. Sinon, je vous laisse découvrir ce qu’il peut arriver quand une victime se retrouve seule avec ce fardeau.

C’est un coup de maître de Inès Bayard. Merci de m’avoir ouvert les yeux sur un sujet dont je ne prenais pas conscience, et merci de dire tous haut ce que tous le monde pense tous bas.

Prenez soin de vous

Daphné

(cet article fut réalisé en partenariat avec Rakuten pour les matchs de la rentrée littéraire 2018)
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